jeudi 17 septembre 2020

le peu




Dans une étape de vacances à travers la Provence, je descends la Cannebière de Marseille pour me requinquer aux odeurs iodées et diverses du Vieux Port. Je lève les yeux vers un ciel si bleu qu’il fait vraiment honneur au Grand Sud.

Tout en haut de la façade borgne et lépreuse d’un grand bâtiment ancien, je vois ce tag étonnant en immenses lettres et mots mystérieux : YAPA KELKUN QUI VEUX TOMBE AMOUREU DE MOI. Orthographe certifiée et un beau cœur à la place du dernier O.

En plus c’est signé : Pö ! ce qui rend l’inscription plus intéressante que prévu. Je rétablis l’orthographe générale et corrige « Pö » en « Peu ». 

Peu de quoi ? Peu de tout, peu de superflu, peu de gaspillage, peu d’indigestion, peu de vitesse et de surconsommation !

Ainsi ne tombons-nous pas dans une invitation à la sobriété et à l’ascèse, toutes deux bienvenues dans ces après-confinement. Alors que trop de signaux nous incitent à reprendre, comme avant, la course effrénée au toujours plus, cette invitation à aimer le peu et le simple, à mettre au cœur de nos existences le sobre, le petit et le frugal reste pourtant un idéal philosophique et humaniste très moderne et très exigeant. Il me plaît qu’au centre de la ville de toutes les exagérations on ose y aller d’une leçon de modestie et de modération ! 

Il ne faut pas désespérer de l’humanité : Mettons-nous à une simple et saine sobriété pour ne pas laisser les seuls Marseillais tomber amoureux du Peu.


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