dimanche 17 février 2019

les cohabitations (II)

Aujourd’hui dimanche à la prière du matin sur la colline, le psaume 103 :
1 Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
...
10 Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l'eau chemine aux creux des montagnes ;
11 elle abreuve les bêtes des champs :
l'âne sauvage y calme sa soif ;
12 les oiseaux séjournent près d'elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.
13 De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ;
14 tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l'homme qui travaille.
...
16 Les arbres du Seigneur se rassasient,
les cèdres qu'il a plantés au Liban ;
17 c'est là que vient nicher le passereau,
et la cigogne a sa maison dans les cyprès ;
... 
31 Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Puis à la sortie de la chapelle, l’illustration du psaume dans la prairie et sur le toit de notre maison. cadeau de dimanche! cadeau du Seigneur!





mercredi 13 février 2019

les cohabitations (I)

Composé d’un taureau et de trois vaches, qui étaient toutes portantes, notre troupeau s’est agrandi avant-hier. Un charmant petit veau gambade à travers les chaumes de la savane, nos champs de manioc et nos allées d’acacias. 
Nous attendons les prochaines naissances avec impatience. 
Le taureau demande de la circonspection parmi les badauds et les paroissiens car il a tendance à charger les inattentifs. Les novices allant s’entraîner au foot, les Kisito+Anuarite (groupe paroissial des enfants), les jeunes de notre chorale en répétition ont dû se garer à toutes jambes quand la masse taurine les a pris en chasse. 
Par contre les pique-bœufs, blancs comme neige et huchés sur leurs pattes fragiles comme des baguettes chinoises, accompagnent sans crainte et sans danger le troupeau.
Les cohabitations de la Colline se font et se défont. Vivre ensemble, humains et animaux, dans la maison commune demandent les efforts de tous. 


jeudi 7 février 2019

Emmaüs

Je mène un projet motivant avec quelques jeunes de la paroisse : peindre l’évangile des disciples d’Emmaüs (Lc 24) sur des planchettes de bois. Il y faut une provision de ténacité et de patience avec une bonne dose d’humour pour de belles découvertes. 

D’abord avec Kapuku et Tunga. Ce sont deux jeunes du village, à la fois étudiants et déjà papas, malgré leurs allures de grands ados. Toujours en quête de quelques monnaies pour manger, pour soigner un enfant, pour acheter un savon, ils se sont glissés sur le chemin d’Emmaüs avec des motivations assez éloignées de l’art lorsque j’ai dit que les œuvres pourraient – peut-être, peut-être – être exposées en Europe et vendues au bénéfice de leurs auteurs...

Même s’ils viennent souvent à la messe, ils ne connaissent pas l’histoire ! Alors on la joue en dialogue. Je fais Jésus qui débarque au milieu de leur tristesse d’après-vendredi-saint, pour les secouer et leur ouvrir les yeux. Ils doivent chercher les mots en français pour : « Les grands chefs ont sacrifié Dieu alors qu’il faisait des miracles... » Catéchèse d’adultes avant le cours de dessin !

Car après le théâtre, il faudra dessiner au crayon, agencer les scènes du chemin et du repas, peut-être esquisser Jérusalem comme Kananga la ville voisine de la colline et Emmaüs comme un des hameaux de la paroisse, puis attaquer le bois au pinceau !

L’aventure se révèle passionnante et si tout va bien, aboutira à une exposition dans le cloître de l’Abbaye, au temps pascal, le temps d’Emmaüs. Chemin à suivre donc. 




dimanche 27 janvier 2019

Tout contre

Samedi dernier, j’ai proposé, lors de la récollection mensuelle de notre noviciat, une méditation sur un des tout petits psaumes de la Bibile, le Ps 130 qui présente un portrait de la simplicité chrétienne :
Seigneur, je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux ; * je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; * mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël, * maintenant et à jamais.
Je me plais à imaginer qu’il s’agit d’une prière que Jésus, dans ses récollections solitaires de la montagne, devait dire à son Père avec une humble vérité toute profonde. 
Et, nous les croyants, nous marchons sur ses traces. Tant bien que mal, souvent plus mal que bien, mais ce qui est plutôt bien c’est que nous sommes, quoi qu’il en soi, tout contre Dieu (bizarre ce « contre » !), comme un petit enfant contre sa mère. 
Le lendemain dimanche, nous visitons la famille d’un des novices et on me glisse dans les bras, un bébé neveu Augustin ! Cadeau de Dieu parce que les psaumes parlent de la vie.

vendredi 25 janvier 2019

un nouveau président


24 janvier 19. Investiture du nouveau président de la République, Félix Tshisekedi.
Le village a envahi la cour intérieure de la maison des Pères pour voir à la télévision l’événement de Kinshasa ! Sans autre commentaire.

jeudi 24 janvier 2019

Facebook au Congo

En ce jour, je me réinstalle sur Facebook, dont depuis trois semaines le gouvernement de la République démocratique du Congo par précaution anti-démocratique avait privé le peuple, pourtant seul garant de la vie démocratique !
Je ne suis pas citoyen congolais donc je ne reviens pas sur ce fait lamentable ni sur les côtés lamentables de l’élection qui vient d’occuper toutes les énergies dans le pays (cf. mon article précédent sur ce blog).
Ce petit Carême de Facebook m’a fait du mal car je me plais bien dans la compagnie des groupes d’intérêt que je fréquente : poésie, littérature, calligraphie, monarchies d’Europe, patrimoines architecturaux et même athées et autres laïcs bouffeurs de curés (il ne faut pas avoir que ses amis comme Amis de Facebook !)... 
Mais cette cure d’austérité informatique m’a fait aussi du bien car j’ai plus lu : je suis arrivé au bout d’une œuvre terrible : « L’œuvre », roman de Zola, noir au possible sur la peinture colorée de la fin du 19; puis j’ai attaqué le plus court mais tout aussi passionnant « Joueur d’échec » de Zweig...
Il faudrait que chaque minute dure deux minutes, et ainsi avoir de la place pour tout faire dans ce monde si passionnant.
Et aussi pour avoir le temps de regarder les pique-bœufs de ma Colline au Kasaï, s’envoler majestueusement, comme le nouveau Congo du Président Tshisekedi, investi aujourd’hui, nouveau Congo qui va prendre un essor de justice, de paix et de prospérité. Il faut espérer.