lundi 23 décembre 2019

mes voeux pour Noël et la Nouvelle Année

Collonges est un charmant village, dernier bastion valaisan de la rive droite avant le Chablais vaudois. Sa petite église va jouir en 2020 d’une belle restauration qui mettra en valeur sa calme sobriété et son caractère posé et franc. En attendant, on y a aménagé la traditionnelle crèche qui est un paradoxe total dans l’ambiance du lieu. 
Tous les personnages sont habillés de vêtements princiers rutilants de perles, de dentelles et de froufrous à la « Sissi l’impératrice ». Marie s’épanouit en crinoline, Joseph et les bergers arborent les mêmes atours dorés et soyeux, blancs et moussus.  
Au premier abord on pourrait s’en offusquer, car on est bien loin de l’humble pauvreté de la paille et des poutres de l’étable de Bethléem...

Or je me demande s’il ne faut pas carrément renverser les choses et se dire que cette crèche, à contre-courant mais bien dans la ligne de certaines crèches baroques ou napolitaines, nous dévoile non l’extérieur des personnages, mais veut nous les montrer à l’intérieur : la splendeur immaculée de l’âme de la jeune mère, la brillance du silence d’or de Joseph, les soieries superbes que sont la simplicité intérieure des bergers et leur naïve humilité. 
Alors je me dis que tous les êtres sont peut-être ainsi: leur beauté intérieure n’a souvent rien à voir avec ce que nos yeux perçoivent.
Quant aux mages, savants en sueur et tout crottés par la quête de la Vérité, ils ne sont pas encore arrivés à Collonges, mais nous savons déjà qu’ils sont rois...

Je vous souhaite un Noël royal et une année 2020 impériale... à l’intérieur !


vendredi 6 décembre 2019

l'Avent


Au soir du Premier dimanche de l'Avent, une trentaine de chrétiens - catholiques et protestants - des paroisses de Saint-Maurice, Lavey, Bex et environs se sont réunis sur une colline autour d'un grand feu pour prier et fraterniser. Une façon de bien vivre le début de ce temps de grâce...


Allume une braise dans ton cœur,
C’est l’Avent.
Tu verras, l’attente n’est pas vaine quand on espère quelqu’un.

Allume une flamme dans tes yeux,
C’est l’Avent.
Regarde autour de toi, on a soif de lumière et de paix.

Allume un feu dans tes mains,
C’est l’Avent.
Ouvre-les à ceux qui n’ont rien, ta tendresse est à bout de doigts.

Allume une étoile dans ton ciel,
C’est l’Avent.
Elle dira à ceux qui cherchent qu’il y a un sens à toute vie.

Allume un foyer en hiver,
C’est l’Avent.
Les transis du cœur et du corps viendront et il fera chaud au cœur du monde.
II suffit d’une seule braise, pour enflammer le monde,et réchauffer le cœur le plus froid.
(texte pour l'Avent du Père Robert Riber)


Les feux de l'Avent sont une grande tradition de l'Eglise protestante vaudoise. La perpective oecuménique est appréciée !


vendredi 29 novembre 2019

les trompe-l'oeil

La cathédrale de Chambéry est d’une originalité troublante. Pas très vaste, elle déploie une architecture gothique robuste et simple, presque montagnarde, pourrait-on dire. Mais par un coup de génie anonyme, son intérieur est entièrement décoré en trompe-l’œil. Chaque espace crépi est peint de volutes architecturales dans un entrelacs compliqué de dentelles et de floraisons délicates, ce qui donne à l’ensemble une élégance légère qui s’apparente au gothique flamboyant...

Je contemple tout cela en déambulant par les allées avant la messe dominicale pendant que la chorale répète la messe de la Sainte-Cécile. Arrivent peu à peu les fidèles : des gens seuls qui se saluent de connivence, quelques familles aux enfants plus ou moins endimanchés, un jeune poussant une chaise roulante sur laquelle sourit une dame immobile que viennent saluer des amis. Ici nous ne sommes plus dans le trompe-l’œil mais dans la réalité de la vie avec ses joies et ses drames réunis tous ensemble pour la louange du dimanche. 

Dans le télescopage des deux réalités – l’entrecroisement des ornements des murs et le réseau des fraternités humaines -  les paradoxes de l’Eglise catholique d’aujourd’hui. Souvent on déforme la réalité en l’embellissant ou en la salissant en trompe-l’œil, mais la vie est là avec ses humbles rencontres, ses tranquilles prières et son ordinaire bienfaisant. Et le cœur ne s’y trompe pas.

vendredi 22 novembre 2019

l'éternité en surplomb

L’abbaye bénédictine de Fischingen déploie ses atours baroques dans une étroite vallée aux confins des cantons de Thurgovie, Saint-Gall et Zurich. Son sanctuaire, dédié à une sainte locale, Idda de Toggenburg, est composé de deux églises siamoises : une seule entrée mais, à angle droit, deux nefs et deux chœurs, d’un beau baroque typique de Suisse alémanique.

 Je fais en marchant et en priant ma petite visite, lorsqu’un aménagement audacieux attire mon attention. C’est une particularité des églises baroques d’avoir une horloge dans les lieux de célébration. Les âmes positives penseront à se rappeler l’urgence de bien utiliser à son salut les heures que Dieu donne ; les esprits chagrins pourront de leur côté comparer la longueur des sermons du prêtre de ce dimanche avec la prestation de dimanche passé ! C’est pourquoi souvent ces horloges sont proches de la chaire ou insérés en elle. 

Ici l’architecte a eu l’audace de mettre l’horloge sous la voûte en surplomb de l’autel de l’eucharistie. Il est probable et même certain qu’à l’époque l’autel n’était pas à ce endroit ; on devait célébrer l’eucharistie sur le grand autel quasi rococo qui occupe le fond du chœur. Mais quelle bonne idée d’avoir placé le nouvel autel juste dessous l’horloge qui le domine actuellement ! L’eucharistie et toutes nos prières sont surplombées par l’éternel présent de Dieu, elles s’inscrivent dans le déroulement des heures pour nous ouvrir mystérieusement à une éternité qui nous dépasse. 

dimanche 17 novembre 2019

les vertus théologales !


Je m’offre une petite pause dominicale au bord du Léman, entre Saint-Gingolph et Evian. Un temps d’automne. Le bleu-gris du lac se prolonge jusque dans les vignes du Lavaux en face. Paix. Puis arrivent trois compères qui s’affairent sur une barque à moteur, tirée sur le bord, dans le semblant de petit port qui s’arrondit en crique à une dizaine de mètres de mes galets et de mon pique-nique. 
Ils mettent ensemble le bateau à l’eau. Puis l’un s’occupe du moteur dont le câble du démarreur ne veut pas coopérer, l’autre pousse au large la barque avec sa petite rame et ses biceps et le troisième allonge sa canne à pêche télescopique en pensant avec un sourire satisfait à ses prises toutes prochaines. 
Je les vois s’éloigner tranquillement sur l’onde qui vibre délicatement dans une lumière douce et une petite brise sereine. 
L’ambiance pousse à la méditation et me vient tout de suite à l’esprit comme un récit allégorique. La foi, l’espérance et la charité s’en vont sur les flots du temps dans une fragile barque qui pourrait bien être l’Eglise. La foi sait qu’un jour le moteur vrombira et le bateau prendra le large à plein régime ; en attendant la charité rame, rame, rame ; et l’espérance pense à la pêche miraculeuse qui emplira le bateau...
J’ai l’âme poétique aujourd’hui. Si je racontais cela à mes pécheurs lémaniques et dominicaux, ils penseraient que je parle une langue de la lune. Mais c’est peut-être la langue du Soleil !

lundi 11 novembre 2019

la lumière et les ténèbres

DERNIERS JOURS 

Exposition PARABOLES – au cloître de l’Abbaye de Saint Maurice jusqu’au 16 novembre !
Atelier des jeunes de la paroisse Notre-Dame du Kasaï (RDC). 

Aujourd’hui : la parabole des dix vierges 
par Lambert Kayamba 
poème GL




AU CŒUR DE LA NUIT
SE RÉVÈLENT
LES NUITS DES CŒURS.
AU CŒUR DE LA NUIT
SE DÉPLOIENT 
LES CHANTS DE FÊTE.
QUAND TU ES LÀ
MA LAMPE
FAIT JOIE



mardi 5 novembre 2019

Le Semeur

Exposition PARABOLES – au cloître de l’Abbaye de Saint Maurice jusqu’au 16 novembre !
Atelier des jeunes de la paroisse Notre-Dame du Kasaï (RDC). 
Aujourd'hui : le Semeur. Peinture Edo Zewula, Poème GL




A TOUT VENT
À TOUTE TERRE,
LARGEMENT DONNÉ,
L’OR DU SEMEUR !
IL VAUT LA PEINE 
DE LE RÉPANDRE,
MÊME POUR UN ÉPI 
DE VIE ÉTERNELLE, 
PLUS TARD.