dimanche 9 avril 2023

Pâques : greffés sur la Vie



Un poète grec Elias Venezis (1904-1973) raconte, dans une merveilleuse histoire, comment un vieux paysan sage lui a ouvert le cœur aux vraies réalités de la vie en l'invitant à l’écoute du silence.

Devant le poète encore enfant et la sœur de celui-ci, le vieux paysan était en train de greffer un petit arbre. Silencieusement, religieusement il a coupé de son couteau une baguette, en sépara la greffe, puis entailla l'écorce du sauvageon, en enleva un morceau et mit à sa place un morceau de la baguette. Puis il lia très serré le corps étranger au corps de l'arbre... 

Il avait fini; il se tourna vers moi et me dit 

"Colle ton oreille contre le tronc de l'arbre !"

J'appuyais ma tête contre le tronc de l'arbre. Et lui fit de même.

"Entends-tu quelque chose?" fit-il dans un murmure. 

"Rien. Non  je n'entends rien."

"Moi pourtant j'entends", murmura-t-il et sa voix paisible vibrait d'une joie profonde.

"Moi pourtant j'entends", répéta-t-il. 

Il m'expliqua qu'il entendait le sang de l'arbre auquel il avait pris l'écorce de la greffe, qu'il l'entendait s'écouler lentement dans le sang du tronc et se mêler à lui.

"Quand tu aimeras beaucoup les arbres, alors tu entendras toi aussi." me dit-il.

 

Le mystère de la Résurrection de Jésus s’inscrit dans cet ordre-là : Un événement insondable, une Vie mystérieuse qui s’écoule à travers les sèves humaines, un silence qui porte le poids des choses... Alors bien sûr il ne faut pas s’étonner qu’un tel message soit peu perceptible dans notre monde de vacarmes, d’agitations et de rumeurs en boucle. Pâques est un mystère qui se conquiert à coup de silence habité et de sérénité dominant les angoisses bruyantes d’un monde qui ne sait plus trop où il va. Il s’agit d’entendre « au-delà » et « au-dedans » du réel !

 

Lorsqu’on dit « Jésus est vivant », « Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité », cela ne suscite dans le commun qu’une interrogation vide (« encore une théorie d’exaltés ») ou alors un sourire, complice des belles réalités d’un patrimoine à conserver. Pâques n’est alors qu’un raccard de plus à sauver dans les pâturages religieux de plus en plus en friche.  

 

Or, pour ceux qui se veulent les conservateurs de l’avenir, la foi dans la Résurrection de Jésus c’est tout simplement un printemps assuré pour toutes les réalités cachées mais réelles qu’on atteint en éteignant les hauts parleurs, en se déconnectant des réseaux superficiels pour écouter la sève monter dans l’Arbre de Vie. Quand nous aimerons beaucoup cet Arbre, nous entendrons aussi.

 

 

 

Solution de l’énigme de la Semaine Sainte



 

Les lettres manquantes étaient SALU...

 

PRO NOSTRA ET TOTIUS MUNDI SALUTE 

POUR NOTRE SALUT ET CELUI DE MONDE ENTIER 

 

Cette tapisserie se trouve à la chapelle de Nazareth, au Foyer de charité de la Flatière (Haute Savoie)

Elle est composée de trois épisodes du Triduum pascal : La nuit du Jeudi Saint Jésus est arrêté et Pierre se chauffe au feu et renie son ami. Puis, le Vendredi Saint, Jésus est sur la croix entre Marie et Jean. Puis au soir du dimanche de Pâques, Jésus Ressuscité montre ses plaies à Pierre.

jeudi 30 mars 2023

la solution de l'énigme : Notre-Dame de l'Alliance



Cette icône n’est pas vraiment canonique mais elle veut représenter La Vierge Marie comme Notre-Dame de l’Alliance. 

On voit dans le giron de Marie : son fils Jésus et deux Epoux. 

Contemplez l’admirable jeu des mains. Celles de Marie protègent le couple et celles de Jésus font le lien d’alliance alors que la main libre de chacun des conjoints désigne l’autre... Symphonie du don de chacun des quatre !   

dimanche 19 mars 2023

samedi 11 mars 2023

les surfaces plates

Il y a quelques semaines j’ai prêché une retraite dans un micro-monastère près du Mans, en France. Un manoir médiéval, tout petit au milieu des saules et des chênes, trois menues maisons d’allure délicieusement paysanne reliées par une galerie. Une église toute simple où prient sept moniales cisterciennes. Tout pour remercier Dieu. D’ailleurs le monastère s’appelle La Merci-Dieu... 

En contre-bas, à quelques mètres dans la prairie, coule la Sarthe. Quand je dis « coule », en fait je ne sais pas trop bien. A l’heure de la sieste je vais me poser et me reposer au bord de l’eau. Les feuilles d’automne dérivent à la surface de l’onde. Très doucement, comme tout ici. Or à les regarder avec un peu d’attention, elles semblent aller vers le Nord. Bizarre. Mes notions de géographie française me font faire descendre la Sarthe du nord au sud vers la Loire.

 

La plaine ici est plate et donc les rivières sont nonchalantes et presqu’immobiles, la direction de leur cours pratiquement imperceptible et il suffit d’un doux zéphir pour pousser le courant de surface et les feuilles... en sens inverse ! C’est ce que m’ont expliqué les sœurs à l’apéritif de fin de retraite. 

La leçon a quelque chose de spirituel : méfions-nous des mouvements superficiels et les agitations de surface. Ils sont trompeurs. Croyons aux mouvements de fond, à cette force discrète et secrète, qui mènent les fleuves à la mer, et les hommes à leur Créateur. Merci Dieu.