mardi 16 novembre 2021

le Corps de Dieu

Je suis perplexe. Je m’apprête à visiter la petite église de Chandolin, sise parmi les mélèzes du Val d’Anniviers. Près de la porte et de quelques tombes, je lis cette inscription, bien façonnée dans du plomb noir : LE CORPS DE DIEU A SES ANCÊTRES. 


Je ne suis certes pas dans les arcanes profonds de ces hameaux, mais là vraiment je bloque. Qu’est-ce que cela veut dire ? Je pénètre dans l’église et dans mon esprit, pour trouver la solution de cette énigme.

D’abord A est-il le verbe avoir ou la préposition à ? Si c’est le verbe avoir, il est vrai que le corps de Dieu, c’est le corps de Jésus qui a des ancêtres dont la longue et magnifique liste de l’évangile de Mathieu, chapitre 1, témoigne...

Mais les ténèbres s’épaississent si l’on prend en compte que le corps de Dieu, ce n’est pas seulement le corps charnel de Jésus mais aussi son corps mystique, c’est-à-dire l’Eglise. Qui sont les ancêtres de l’Eglise ? Sans doute toute cette foule qui bouillonne dans l’Ancien Testament...

Si A est la préposition à, cela voudrait dire que le corps de Dieu, la communauté paroissiale actuelle rend hommage à ses ancêtres qui reposent en paix autour de l’église.  

De retour chez moi, je trouve la solution. Le « Corps de Dieu » est l’association villageoise chargée d’organiser la Fête-Dieu de Chandolin. Par cette inscription elle veut rendre hommage à ceux qui ont fait vivre ce patrimoine. 

Je me rends compte que les autres interprétations ne sont pas exclues mais au contraire donnent de la force à cette dernière.

lundi 15 novembre 2021

la solution de l'énigme biblique : le baptême de Jésus

Il s’agit d’une représentation du baptême de Jésus, dans le baptistère sis à côté de la magnifique cathédrale de Parme en Italie. 

Sur un seul pan de fresque, le peintre représente plusieurs scènes qui défilent de droite à gauche. D’abord Jean-Baptiste baptisant au bord du Jourdain désigne Jésus qui vient à lui, puis il le baptise alors que le Père au-dessus lui insuffle l’Esprit et que des anges sur la gauche gardent les vêtements du Seigneur. La transition entre les deux scènes est subtilement aménagée par les gens qui se déshabillent pour recevoir eux aussi le baptême de Jean. 




mercredi 10 novembre 2021

la solution de l'énigme : saint François de Sales

 

Oui il s’agit bien de Monsieur de Genève ! Saint François de Sales (1567-1622) est Savoyard à une époque où la Savoie n’est pas en France. Né d’une famille noble des environs d’Annecy, il étudie le droit à Paris, où il découvre la théologie. Prêtre, puis évêque de Genève, il réside à Annecy, car Genève est la "Rome" des calvinistes. Il fréquente les plus grands esprits catholiques de l'époque, notamment saint Vincent de Paul. Lui-même fonde, avec Sainte Jeanne de Chantal, l'Ordre des Visitandines pour mettre la vie religieuse à la portée des femmes de faible santé. Son "introduction à la vie dévote" est un ouvrage qui s'adresse à chaque baptisé. Dans un style tout sauf bigot, il y rappelle que tout laïc peut se sanctifier en faisant joyeusement son devoir d'état, en lequel s'exprime la volonté de Dieu. Ses ouvrages sont écrits dans une langue français savoureuse et restent des monuments de la littérature spirituelle. 

Une pensée : On a besoin de patience avec tout le monde, mais particulièrement avec soi-même.

 

Son influence en Valais, dont les liens avec la Savoie sont immémoriaux, est claire. Le vitrail présenté ici est à l’église de Flanthey dans le Valais central. 

lundi 8 novembre 2021

l'énigme oblique de la semaine

Il n'est pas français. Par contre c'est un écrivain qui écrit dans un français magnifique.
Qui est-ce ? 


vendredi 5 novembre 2021

Solution de l'énigme de la semaine : saint Joseph dans la crèche


Oui pas facile, il s'agissait bien de saint Joseph sur une peinture murale du temple de Villeneuve.

Cette petite ville, au bord du Léman, n’est pas très loin de chez moi et pourtant, resté sur la rive du lac, je n’avais jamais traversé sa grand-rue ni pénétré dans la savoureuse atmosphère de son vieux temple. 

C’est désormais chose faite. L’église a gardé son caractère médiéval et cistercien. Un mélange de roman et de gothique, délicatement sobre. Mais elle s’est permise aussi quelques audaces dont une particulièrement réussie. En 1936, on a demandé à Louis Rivier, un peintre protestant fort fécond en Suisse romande, de décorer toute une chapelle en haut dans le coin droit de l’édifice. Maniant avec une belle élégance le trompe l’œil et la fresque à l’italienne, navigant entre classicisme et art nouveau, Rivier livre une Nativité très originale. Il sort des compositions convenues avec l’enfant de la crèche au milieu, entouré de ses parents, et symétriquement de l’âne et du bœuf et ainsi de suite des personnages secondaires. Ici chaque berger, chaque ange, chaque fleur, chaque objet de l’humble ménage a son histoire propre baignée par une lumière qui vient de partout et de nulle part, ce qui accentue encore la chaleur du Mystère. Marie berce l’enfant Dieu dans un coin de mur ... 


Et alors surgit une évidence. Dans un coin de l’église, dans un coin de la chapelle, dans un coin du mur, l’humilité de Dieu éclate dans toute sa gloire qui illumine Marie, Joseph, les bergers et les anges et finalement toute la création. L’humilité reste pour Dieu la manière la plus efficace de dire sa gloire. Il ne nous est pas interdit de l’imiter.